Histoire du Mexique

Les Indiens du Nouveau Monde

« Quand le jour fut venu, ils virent devant eux une île de quinze lieues environ,
sans montagnes, pleine d'arbres verts, arrosée par de très belles eaux,
et au milieu de laquelle était un grand lac. Cette île était évidemment fort peuplée... »

Extrait du journal de bord du premier voyage de Christophe Colomb

 

Christophe Colomb (1450 - 1506)

Colomb et les Indiens...

Ces indiens du Nouveau Monde que les explorateurs Européens rencontrent sur leur route font partie de plusieurs peuples indigènes bien différents...

Les Indiens pacifiques des Antilles, « beaux et nus », que rencontrent Christophe Colomb sont des Taïnos (qui signifie « nous sommes des hommes de bien ») et ceux qui massacrerons ses compagnons à Hispaniola sont des Caraïbes (« Les guerriers courageux »). Il rencontrera aussi des Arawaks et les Ciboneys. Tous ces Indiens, Colomb les nomment aussi « les naturels ». Aujourd'hui, on préfère dire « Indigènes » .

« De mœurs tout à fait primitives, ces gens allaient nus comme au jour de leur naissance... Leur figure était assez agréable, et de traits assez réguliers, quoique que l'extrême grandeur de leur front leur donnât un air étrange et sauvage. Bien conformés, ils étaient de taille moyenne, d'une carnation ferme ; ils avaient le teint olivâtre... Quelque-uns brûlés du soleil étaient complètement peint en noir, en blanc ou en rouge... Certains n'avaient de peint que le visage, le tour des yeux ou le nez... ».

 

Gravure de Colomb et les Indiens...

Colomb et les Indiens...

Souvent, les explorateurs rencontent des hommes sur les îles qu'ils abordent et où se trouvent en fait souvent de véritables villages. Cependant, le plus souvent, ces villages sonr abandonnés par leurs habitants, alertés et effrayés par l'arrivée de ces hommes qui naviguent sur des« montagnes flottantes ». La politique de Colomb est de ne pas se faire d'ennemis et de se mettre en relation avec les Indiens qu'il rencontre, pour recueillir les informations nécessaires à la suite de son exploration. Il ordonne à ses hommes qui explorent ces villages de ne rien voler et de laisser là, un présent témoignant de leurs bonnes intentions : « L'ordre de l'Amiral fut qu'on ne prît rien de tout cela, pour ne donner aux Indiens aucune raison de redouter les chrétiens ».

Les premières îles que découvre Colomb sont pratiquement toutes peuplées de petites communautés, mais sur le continent, et surtout les hauts-plateaux du Mexique, la population est plus nombreuse. Les échanges et les guerres sont fréquents entre ces peuples des îles, que l'on nomment les Caraïbes et les Antilles aujourd'hui, qui parlent la même langue mais qui ne semblent pas connaître de Dieu transcendant. Seul le culte des ancêtres et le respect des chefs semble structurer ces populations que l'on peut qualifier de sauvages. Pendant des années, on ne saura que penser de ces Indiens : hommes ou animaux ? Pour Colomb, ce sont bien des hommes :

« Les indiens sont, à la vérité, gens de cœur excellent, ignorant la cupidité, plein de douceur ; aussi, puis-assurer à Vos Altesses qu'il n'est au monde ni meilleurs hommes, ni meilleur pays. Ils aiment leur prochain comme eux-même. Ils ont une façon de parler toujours souriante, la plus douce, la plus affable qui se puisse imaginer. Hommes et femmes, à la vérité, vont nus comme au jour de leur naissance, mais Vos Altesses peuvent croire cependant qu'ils ont des mœurs fort pures. Ils servent avec un grand respect leur roi qui, du reste, est aussi continent que digne en tous points. Ils ont, du reste, une très heureuse mémoire et une grande curiosité d'esprit, qui les portent à questionner beaucoup sur toutes choses. »

Les chefs indiens, ou « caciques », exercent leur potentat sur un grand nombre de tribus. Sur l' îIe Espagnole (Haïti), ils sont quatre et se nomment Beechio, Guarionex, Caunabo, Guacanagari. Ils sont souvent en rivalité, les guerres sont fréquentes et Colomb doit manœuvrer plus d'une fois pour les convaincre de ses bonnes intentions. Il devra souvent monter d'urgence des expéditions punitives pour rétablir l'ordre, plus troublé d'ailleurs par des Espagnols rebellés que par les Indiens eux-même. Guacanagari, le premier cacique qu'il a rencontré et qui gouverne la partie nord de l'île où se bâtie le port d'Isabelle, se révèlera le plus fidèle allié de Colomb. En mars 1495, ils feront ensemble la guerre contre Beechio, avec succès. Parfois, il utilise la ruse comme lors de son quatrième voyage où, échoué et sans secours, il est obligé de menacer les Indiens qui ne veulent plus le ravitailler en eau et en nourriture. Pour cela, il prédit que le ciel va leur envoyer un signe d'avertissement : en fait, il annonce le début d'une éclipse de la lune dont il connaissait l'heure exacte de son commencement...

« (Lors de se sa seconde expédition), le 7 juillet, Colomb descendit à terre et vit venir à lui un vieux cacique, seigneur du pays, qui assista très décemment à la messe d'action de grâces qui fut dites après le débarquement, et qui, à l'issue de la cérémonie, fit entendre par signes qu'il comprenait parfaitement que l'on remerciât Dieu pour ses bienfaits, puisque les bonnes âmes devaient aller au ciel pendant que le corps retournait à la terre - il ajouta que selon lui l'âme des rois était certainement destinée à souffrir dans l'autre vie. »

La question de savoir si on pourra les faire « venir à la vraie foi » n'est pas encore posée mais Colomb s'y intéresse déjà car il sait que la Reine, Isabelle de Castille sa puissante protectrice, est très pieuse et il lui a promis d'évangéliser les terres qu'il pourrait découvrir si elles se révélaient peuplées d'êtres humains :

« J'ai très inutilement cherché à savoir s'ils croient à une vie future, nul d'entre eux n'a pu ou voulu me répondre sur ce point. Caunabo, le principal cacique de l'île Espagnole, homme de grand sens et d'âge respectable, interrogé par moi à ce sujet, m'a toutefois laissé entendre qu'il comptait aller dans une certaine vallée, qu'il considérait comme son pays véritable, et où il retrouverait son père et ses ancêtres, avec lesquels il passerait le temps à manger, à boire, à prendre toutes les sortes de plaisirs. »

« Je n'ai pu, écrit-il, reconnaître chez eux aucun système religieux. J'ai simplement remarqué que leurs rois, qui sont nombreux aussi bien dans les îles que sur la terre ferme, ont chacun une maison séparée de toutes les autres, dans laquelle ne se trouve aucune chose, sinon certaine image de bois taillé qui porte le nom de " Cemi " ».

« Dans cette maison l'on n'entre jamais que pour aller, comme nous le faisons dans les églises, accomplir certaines pratiques et dire certaines prières en l'honneur du Cemi. Il y a là une sorte de petite table ronde bien travaillée où se trouve une poudre qu'il posent avec un certain cérémonial particulier sur la tête du Cemi, et qu'ensuite ils aspiraient avec les narines (il doit s'agir de tabac), avec une double canne creuse, en prononçant des paroles incompréhensibles pour nous. »

« L'aspiration de cette poussière a pour effet de leur causer une sorte d'ivresse, qui les prive en quelque sorte de sentiment. » On reconnaît-là le tabac qui semble posséder pour ces indiens des vertus magiques. Il sera vite adopté par les colons qui pourront apprécier ses nombreuse qualités : il permet de lutter contre le sommeil et apaise la faim... On peut parler aussi de pratiques chamaniques qui faisait appel aux produits psychotropes, dont le tabac n'était que le plus connu.

« Ils donnent - du moins autant que je puis croire - les noms de leurs pères et de leurs aïeux a des statues qu'on voit quelquefois chez eux au nombre de de dix ou même davantage, et que d'ailleurs ils semblent vénérer à divers degrés, adressant plus d'hommages ou faisant plus de révérence à celui-ci qu'à celui-là -comme on le voit chez nous pour nos saints diversement honorés.

« Les caciques, d'ailleurs, se targuent tous, et leurs sujets avec eux, d'avoir des Cemi supérieurs à ceux des autres. Quand ils se rendent dans la chambre où se trouve leurs Cemis, ils font en sorte que les chrétiens ne les voit pas entrer et n'y puissent y pénétrer eux-même. Et s'ils pensent que ceux-ci doivent venir, ils emportent leurs Cemis, qu'ils vont cacher dans les bois, de crainte qu'on ne leur vole. Chose curieuse cependant, ils ont coutume de chercher à se dérober mutuellement ces idoles. » Les Indiens ont donc eux-mêmes des pratiques religieuses et une conceptions de l'au-delà : ils seront donc réceptifs au Message du Christ...

Les autres Indiens que rencontre Colomb sur le continent sont moins dociles que ceux des îles. Ceux des côtes du Venezuela sont des « Caraïbes ». Leur peau est plus noir que celle des habitants des îles... D'ailleurs, ils ne parlent pas la même langue que les indiens qui accompagnent Colomb dans son exploration. Les Indiens qu'ils rencontrent parfois sur des îles perdues leur révèlent que les Caraïbes sont anthropophages : « On reconnut que ces indiens n'étaient autres que des captifs que les Caraïbes engraissaient pour les manger... »

Les Indiens du Mexique

Tisseuse de Pátzcuaro

Indienne Tarasque

Glyphe Maya...

 

Les Aztèques

 

Au centre des terres, sur les hauts plateaux, seuls les ont pu fonder un empire au pouvoir centralisé regroupant plusieurs peuples aux lointaines origines ethniques et culturelles communes : Otomis, Totonaques, Nahuatl, Mixtèques, Huaxtèques, Zapotèques... Cet empire unifié par les armes est en fait relativement récent. Ils n'ont ni chevaux, ni bête de somme, ni écriture, ni industrie, empire du parodoxe... Le pouvoir est théocratique. L'agriculture s'y pratique ne manière archaïque. Les Aztèques sont au moins 10 millions à l'arrivée des Espagnol.

 

 

Scène de sacrifice humain à l'époque de la Conquête - Extrait du « Codex Magliabechiano »
Scène de sacrifice humain à l'époque de la Conquête
Extrait du « Codex Magliabechiano »
« A quoi ressemblaient les Aztèques ? Au temps de la splendeur de Tenochtitlán, ils constituaient déjà une nation conquérante, bien installée au cœur de la plus belles vallée du monde de, tel qu'il le connaissaient, avec ce mélange de dureté et de douceur propre aux empires solidement assis. Nous connaissons leur intransigeantes sculptures; nous savons ce qu'ils mangeaient; nous savons qu'ils étaient amateurs de jardins, qu'ils mêlaient de l'ambre au tabac qu'ils fumaient, qu'ils attendaient - peut-être sans grande impatience - un messie blanc d'au-delà des mers. » Dans leurs lettres et journaux, les conquistadors, à qui nous devons les seules descriptions de la beauté extraordinaire de la cité qu'ils ont détruite(Tenochtitlán), nous distillent les horreurs de la religion aztèque et insistent sur les prouesses de ce peuple en matière de philosophie et de science, alors même que les Espagnols, c'est-à-dire eux-mêmes, s'empressaient de détruire leurs livres (les codex) et de faire table rase du passé. »

Sybille Bedford

Cortes et le roi azteque Moctezuma...

Cortès et le roi aztèque Moctézuma

 

En 1518, Hernán Cortès arrive au Yucatán puis à Veracruz avec 600 hommes, quelques canons, 13 mousquets et 16 chevaux. Les Aztèques savent que la fin des temps étaient proche. L'empereur Moctézuma s'inquiète.. Des signes dans le ciel et les prophéties annoncent la fin prochaine du Monde. Ces Espagnols sont-ils les envoyés des Dieux qui viennent apporter la mauvaise nouvelle ? Serait-ce Quetzalcoátl (le dieu dont on dit u'il a le peau blanche), qui revient ? Comprenant l'avantage qu'il pouvait tirer de cette situation, Cortès se fait passer pour un demi-dieu. Mais il finit par user de la force pour faire prisonnier l'empereur. Imaginez : celui-ci pris en otage, dans son palais, au centre de sa capitale, par une bande de mercenaires... Après quelques mésaventures, il se rendra maître de la Mexico. Un peu plus tard, Cortès fera assassiner l'empereur, loin de la ville pour que ses sujets n'en sachent rien (mais plusieurs versions existent encore sur sa mort : peut-être lapidé par la foule, ou par son cousin Cuauhtémoc...). Même si Cuauhtémoc, le nouvel empereur, reprendra vainement la lutte pendant un temps, s'en est finit de la suprématie des Aztèques sur la région. Cuauhtémoc est lui aussi capturé. On le torturera mais il ne révèlera pas la cachette de son fameux trésor. Décapité, l'empire se dissout sous les yeux des nouveaux arrivants. Les Indiens en proie à la dépression : beaucoup se laissent mourir, les plus courageux se suicident. Cortès mettra 2 ans pour démanteler cet empire Aztèque qui comptait 10 millions d'hommes à son arrivée... Depuis, la « Légende Noire », l'histoire de cette conquête rapide et brutale, est restée comme le souvenir d'un génocide impardonnable. Ce souvenir hante toujours l'esprit des mexicains.

Actuellement à Londres, au British Museum...

« Moctezuma, Aztec Ruler »

jusqu'au 24 Janvier 2011...

Dessin representant les Conquistadors...

www.britishmuseum.org/moctezuma

Les Mayas

 

Les Mayas du Yucatán sont entrés en décadence depuis déjà 50 ans. Le pouvoir central, situé à Mayapán, est définitivement tombé en 1441. Les villes ont été désertées et seuls quelques zones de résistance dans la forêt profonde feront parler d'elles.

 

 

Masque de jade maya du Roi Pakal...

Masque en jade du roi Pakal, un célèbre dignitaire Maya

Les Incas

 

Francisco Pizarro débarque en 1531 avec 180 hommes, 27 chevaux, et 2 canons pour s'attaquer à l'Empire Inca au Pérou. En 1533, il fait assassiner l'Empereur Atahualpa et devient les le maître de l'ancien empire aussi brillant que celui des Aztèque. L'Empire Inca réunissait les Indiens Quechuas, Aymaras, Araucans (comprenant notamment les tribus Mapuche et Pueche) et Chibchas. Ils parlent tous la même langue : le Quechua. Les Incas sont au moins 7 millions à l'arrivée des Espagnols. Malgré un fond culturel commun, les distances qui séparent les Incas des Aztèques restent trop grandes : l'histoire fera qu'ils s'ignoreront mutuellement.

Les Autres Ethnies autour du Mexique

 

En Floride, abordé par Ponce de Léon en 1508, et au nord du Mexique, ce sont des Séminoles, les Comanches, Hopi, Navajo...

Plus à l'ouest, on rencontre les Pueblos, les Yokuts et les Muskogis.

En Californie, les Cochimis et les Chumash.

En tout, des milliers de petites communautés souvent repliées sur elle-mêmes, avec leur propres langues et traditions.

Beaucoup de ces tribus nomades ne pratiquent pas l'agriculture.

Aujourd'hui, en 2001, bien peu de ces peuples ont survécu. Le métissage n'a cependant pas totalement effacé leur lointaines et profondes influences.

 

Bartolomé de Las Casas (1474-1566)

Bartolomé de Las Casas

« Le défenseur des Indiens »

Pour en savoir plus sur les Indiens

« Le peuplement de l'Amérique »

« Les Premiers Mexicains »

« Histoire du Mexique avant la Conquête »

« Bartolomé de Las Casas, le défenseur des Indiens »