Artistes mexicains

Histoire de l'Art Mexicain

XVI - XVII - XVIII - XIX - XX

 

« Le Christ en Croix » - Sebastián López de Arteaga - Milieu de XVIe siècle
« Le Christ en Croix »
Par Sebastián López de Arteaga - XVIe siècle

 

Dès 1535, des artistes espagnols et européens comme le flamand Simon Peyrens s'installent au Mexique dans le grand mouvement de migration vers le Nouveau Monde. L'art est toujours dépendant de son époque et celle-ci est profondément croyante : l'art est et reste avant tout un art au service de la religion. Cristóbal de Quesada, Juan de Illescas et Bartolomé Sánchez... Puis les peintres proprement mexicains : Andrès de la Concha, Tlacuilo... De grands tableaux sont réalisés pour les églises qui fleurissent partout dans le Nouveau Monde : dont Baltazar de Echave, « Le Vieux », est une des figures importantes. Il mêle maniérisme et réalisme, mais l'inspiration est toujours européenne. Zurbarán est sa peinture « ténébreuse» influence profondément tout le XVIIème siècle. Cette peinture sombre et dramatique est introduite au Mexique par Arteaga puis continuée par son disciple José Juarez.

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« L'arbre de vie » - Christóbal de Villalpando - Huile sur toile vers 1706 - Mexique
« L'arbre de vie »
Christóbal de Villalpando - Vers 1706

Rapidement, il y a eu une influence réciproque entre le Nouveau et l'Ancien monde. Dürer lui-même évoquera « ces merveilleuse œuvres d'art » ramenées par Cortès à Charles Quint et exposées dans toute l'Europe à cette époque. Les vieilles légendes indiennes et le bestiaire fantastique qui les accompagnent resurgissent après avoir été complètement effacés par les conquérants espagnols. Il faudra du temps pour découvrir enfin que ces « barbares » avaient aussi dans leurs rangs des artistes incomparables dont s'inspireront les artistes mexicains contemporains.

XVIIe Siècle

 

Le XVIIe est le siècle de l'art Baroque. Cette « mode »artistique importée d'Espagne et plus précisément d'Andalousie à la fin du siècle précédent par les immigrants, va peu à peu s'imposer partout au Mexique : la richesse du pays et des aventuriers qui l'explore procurent aux artistes de nombreuses commandes. Elles doivent décorer les églises qui se bâtissent un peu partout et les intérieurs des maîtres des domaines royaux. N'oublions pas que ce siècle reste encore très porté sur la religion et de nombreux colons rendent souvent compte de leur foi en commandant des œuvres monumentales, comme le fit le fameux La Borda à Taxco, qu'ils s'empressent de présenter à leurs invités, trônant dans la plus belle salle de la maison de manière ostentatoire. Une concurrence acharnée apparaît entre les artistes et les architectes stimulant leur génie et se permettant ainsi les plus folles constructions.

La Cathédrale de San Cristobal de Las Casas - Chiapas - Mexique
La Cathédrale de San Cristobal de Las Casas

Ce baroque, essentiellement religieux (et souvent excessif dans l'abondance de ses décorations), permet cependant de voir enfin émerger un art « typiquement mexicain » : on pense à l'église Santa-Prisca de Taxco et à son fameux mécène français La Borda. On pense aussi à Hippolito de Rioja, Christóbal de Villalpando ou aux frères Correa (essentiellement installés à Mexico). Ces églises innombrables, souvent très colorés, restent l'un des grands plaisirs des amateurs d'architecture.

XVIIIe Siècle

« La consécration des temples païens de Mexico » par Jose Vivar Valderrama - Datée du milieu du XVIIIe siècle
« La consécration des temples païens de Mexico »
José Vivar Valderrama, milieu du XVIIIe siècle
Palais des beaux-arts de Mexico

Au XVIIIe siècle, le style baroque se tarit, la religion n'est plus la préoccupation centrale des artistes. Ce siècle est dominé par le peintre José de Ibarra, que l'on surnomme le « Murillo Mexicain » par son style délicat et enthousiaste, et Miguel Cabrera, qui popularise l'art du portrait. Ils sont toujours des peintres « baroques ». La fin de ce siècle voit apparaître l'influence du Néo-Classicisme, avec Gines de Aguirre et Rafael Gimeno. Le portrait connaît un véritable engouement auprès de la noblesse et de la bourgeoisie. Les plus fameux sont Tresguerras, Vasquez et le pastelliste Alconedo.

« Le premier miracle de la Guadalupe » - Anonyme,1810, Musée de la Basilique de Guadalupe - Mexique
« Le premier miracle de la Guadalupe »
Anonyme,1810, Musée de la Basilique de Guadalupe

XIXe Siècle

« Portrait de Famille » - Hermenegildo Bustos, sans date
« Portrait de Famille » (sans date)
Hermenegildo Bustos

C'est le siècle de l'Académisme. Les écoles des Beaux-arts de Mexico, Guadalajara ou de Veracruz étendent leurs influences sur un pays qui a obtenu son indépendance. La vie quotidienne des pauvres et des travailleurs offrant des sujets de choix souvent traités avec réalisme. Mais des artistes s'en démarquent comme Arrieta, Hermenegildo Bustos, Bustos Estrada et José Maria Velasco Jose (1840-1912) proposant des œuvres aux thèmes nouveaux (la misère, la violence, des paysages...) mais aussi plus classique comme le portrait ou les scènes de la vie quotidienne auxquels on applique un réalisme jusque-là assez rare. Le célèbre Valesco peint des paysages, notamment celui du plateau de Mexico qui rappelle la vision qu'on eu les conquérants espagnols en arrivant devant la grande plaine où se trouvait Tenochtitlán, la capitale aztèque, et dont Carlos Fuentes pouvait dire qu'elle était « la région la plus pure le l'air ».

« La Vallée de Mexico » - José María Velasco - 1875 - Mexique
« La Vallée de Mexico, depuis le mont Santa Isabel »
José María Velasco - 1875

XXe Siècle

C'est le siècle de l'explosion stylistique qui verra s'épanouir des figures majeures de l'art mondial. L'influence de l'Europe est toujours importante, mais la nouveauté, c'est que de nombreux artistes mexicains partent là-bas pour « faire leurs classes », et notamment à Paris, tel Diego Rivera. A noter aussi, A. Ruiz, G. Fernández Ledsma, A. Lazo représentent le courant impressionniste qui ne pouvait qu'être bien accueilli au Mexique. Maria Izquierdo et Manuel Rodriguez Lozano représentent et exaltent la culture populaire mexicaine. Francisco Goïtia, Léopold Méndez et bien sûr José Guadalupa Posada (1852-1913) représentent la tendance expressionniste souvent teintée d'ironie et de dérision face au pouvoir politique et économique. Au début du siècle, on remarque aussi une influences des impressionnistes européens mais elle reste limitée à quelques artistes comme Joaquím Clausell (1866-1935) qui peint essentiellement des paysages de son pays.

« Déclin du jour, la vague rouge » - Joaquín Clausell - Mexique
« Déclin du jour, la vague rouge »
Joaquín Clausell - Vers 1910

Les années 30 sont aussi marquées par l'influence du surréalisme français. André Breton se montre attentif au prometteur Diego Rivera et à sa compagne Frida Kahlo qui vivent quelques temps à Paris. Il travailleront ensemble à la rédaction d'une revue engagée. Signalons aussi les Européens venus s'installer durablement au Mexique comme Remedios Varo, Leonora Carrington et Wolfgang Paalen...

« La vendeuse de fleurs » - 1942
« La vendeuse de fleurs »
Diego Rivera - 1942

L'art de la fresque à trouvé au Mexique un terrain favorable où il s'est épanouit au point de devenir un art typiquement mexicain : on parle du « Muralisme». Les grandes fresques peintes sur les murs aveugles des villes ou dans les couloirs des bâtiments officiels nous montrent des scènes de la vie quotidienne ou la geste des héros nationaux. Diego Rivera encore, qui en fera l'essentiel de son œuvre, David Alfaro Siqueiros (1896-1974), José Clemente Orozco (1883-1959), au milieu du siècle, suivis par Juan O'Gorman, María Izquierdo, Castellanos, Leal, Ledesma. C'est une peinture dont le rôle est politique et social : ses fresques remplacent tous les discours...

« Femme », peinture de Rufino Tamayo - 1979
« Femme »
Rufino Tamayo - 1979

Une toile du peintre mexicain Rufino Tamayo a été vendue un million de dollars
au cours d'une vente aux enchères consacrée à l'art latino-américain chez Sotheby's.
Le tableau avait été retrouvé au milieu de sacs poubelles par une New-Yorkaise en 2003 !

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Guillermo Gonzáles Elizondo ; « Madurez obligada » - 2007
« Madurez obligada » - « Maturité nécessaire »
Guillermo Gonzáles Elizondo - 2007

L'art abstrait s'affirme avec les nombreux contacts qu'entretiennent les mexicains avec leurs voisins américains : Diego Rivera encore, mais aussi Urueta, Soriano, Merida, Roberto Cortázar, Pelaez, Gunther Gerszo, Boris Viskin, Pedro et Rafael Coronel et surtout Rufino Tamayo (1889-1991), le Mexique abrite des artistes toujours aussi originaux qui portent en eux une spécificité créative comme le peintre Miguel Covarrubias. Aujourd'hui, c'est le pop art d'Alberto Gironella, l'art plus brut de Francisco Toledo et de Federico Silva mais aussi José Luis Cuevas, qui revisite l'autoportrait (« Autoportrait - Moi et la Lectrice » et « Les Pêcheurs » en 1997), c'était déjà Miguel Covarrubias ou maintenant Gabriel Orozco, une valeur "montante", qui se démarquent par leur style novateur tourné vers l'expérimentation de nouveaux thèmes comme pour l'étonnante « Mes Mains sont mon Cœur » mais qui reprent aussi les sujets typiques de l'art mexicain comme celui du « Serpent ».

« Mes mains sont mon coeur » - Gabriel Orozco - 1991 - Mexique
« Mes Mains sont mon Cœur »
Gabriel Orozco (1991)

« Chac » - Sculpture de Federico Silva - 1986 - Mexique
« Chac »
Sculpture de Federico Silva (1986) - Photo de Irina Gelbukh

De même, la photographie n'est pas en reste et de citer, entre autres remarquables artistes, Manuel Álvarez Bravo (1902-2002), Enrique Metinides, le photoreporter mexicain spécialiste des faits divers et notamment sa célèbre et étrangement dérangeante photo de la star Adela Lefarreta morte sur les lieux de son accident, de Rivas Graciela Iturbide ou de Dulce Pinzon qui travaille sur le thème décalé de ces super-héros saisis dans la banalité de la vie ordinaire (Wonder Woman, Spiderman...), des artistes qui confirment encore aujourd'hui la vitalité de cet art mexicain qui trouve ses racines dans un passé insondable...

« La buena fama durmiendo » - « La bonne renommée endormie » - Photographie de Manuel Álvarez Bravo - 1938
« La buena fama durmiendo » - « La bonne renommée endormie » -
Photographie de Manuel Álvarez Bravo (1938) - © Archivo Manuel Alvarez Bravo

 

Voir l'Exposition de l'Eté 2000 :

« Soleils Mexicains... »

EXPOSITION SOLEILS MEXICAINS PARIS 2000

EXPOSITION SOLEILS MEXICAINS PARIS

A visiter

Le site du Palais des beaux-arts de Mexico (Palacio de Bellas Artes)

L'incontournable Palais des beaux-arts de Mexico (Palacio de Bellas Artes)

museopalaciodebellasartes.gob.mx (es.)

Un site très instructif sur l'actualité artistique mexicaine

http://mexiqueculture.pagesperso-orange.fr/anteriores.htm (fr.)

Le site officiel du programme de conservation patrimonial du Procureur général de la République

www.gob.mx/pgr/acciones-y-programas/patrimonio-artistico

Leopoldo Méndez

www.ralphmag.org/ES/mendez-woodcuts.html